Mais que fais-tu ici en ce lieu et cette heure
avec tes mots serrés et si bien ordonnés ?
En aucune pensée qui si souvent m’effleure
je n’ai eu cette idée : qu’ils seraient pardonnés !
Car de n’être venu me voilà arrivé
mais si je suis ici, en serais-tu la cause ?
Dans la méditation, tu avais dérivé
tu devais continuer et non faire une pause !
Il ne sert de planer ainsi vers d’autres cieux
si mon esprit n’est pas libre de tous ses choix !
Mais te crois-tu ici au cénacle des dieux
ou dans l’enfer ultime où s’éteignent les voix ?
Je ne crois pas en l’un – dont l’autre se déduit -
Suis-je vivant ou mort ? C’est plutôt la question !
En suivant la lumière qui m’a tant séduit
perdant du temps qui passe la froide notion…
Tu pourrais en ce lieu goûter l’éternité
dériver à loisir en des pensées suprêmes
oublier les problèmes de l’humanité
trouver l’amour ultime en ces sources extrêmes
Tout ceci semble beau dans sa belle quiétude
et pourtant, je le sens, ne pourrait m’y complaire
il me plait de chercher la douce solitude
et de parler de tout ce qui peut me déplaire
en ce monde imparfait où je vis en témoin
connaître de l’amour les vertus et les vices
et goûter en mon corps en son moindre recoin
tout ce plaisir de vivre en ces petits délices !
Et pourtant cette vie te réserve ses maux
qui sont si douloureux du temps qui fait vieillir
Et ne plus contempler tous ces beaux animaux ?
Ne plus parler des fleurs, ne pouvoir les cueillir ?
De n’avoir de la mer qu’un murmure à l’oreille
qui s’effacera comme la vision des vagues !
Ne plus voir le soleil en sa dorée merveille !
Mais tous ces souvenirs en lesquels tu divagues
n’auront plus d’importance en la belle lumière !
J’aime vivre et ne suis pas pressé de venir
en ces lieux cotonneux dont tu parles si fière !
Qu’il en soit donc ainsi, tel est ton devenir
et tu retourneras à toutes tes souffrances
mais de ce lieu tu garderas le souvenir
quand tu verras que ces douleurs seront bien rances !
J’ai tant à dire encore et peu de temps sans doute
à déchiffrer, comprendre, vivre et m’éveiller
que je veux oublier qu’au détour d’une route
un jour je ne pourrai plus m’en émerveiller…
06/04/09
Danyel La Chouette